Les OVNI et l’imaginaire onirique du Soi (Par Philippe Solal)

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samedi, 25 mars 2017 | Par | Catégorie: Liste des derniers articles, Recherche

Préambule

Ce présent article à pour objectif de livrer un résumé des dernières orientations prises par mon propre travail de recherche, dans la continuité de la grille de lecture que j’avais commencé à élaborer dans ma contribution à l’ouvrage collectif Ovnis et Conscience. Ces orientations retrouvent pour une large part les concepts qui avaient été mis en place par des chercheurs parfois regroupés sous le nom de « para-ufologie », comme Michel Granger, Jean-Jacques Jaillat, Eric Zurcher, Pierre Viéroudy, au début des années 1970. Les travaux remarquables de ces auteurs, qui avaient fait le lien entre la grammaire symbolique de nos rêves et les scènes décrites par les témoins de rencontres (sur toute leur gamme), ont été par la suite oubliés et considérés par certains, à tort, comme une approche psycho-réductionniste ou purement psychanalytique. En pointant, chez l’individu, une mystérieuse « fonction psi » capable de matérialiser ses contenus de pensée, ces auteurs avaient déjà commencé à remettre en question la barrière que nous posons fort logiquement entre la matière et l’esprit, entre l’objet visé et sa représentation, dans la lignée des travaux de Carl Gustav Jung.
Flirtant avec la dimension métaphysique du problème, sans y entrer vraiment, ces auteurs avaient commencé à conceptualiser l’existence d’une dimension surhumaine ou « supra-humaine » de l’homme, dimension le dépassant et l’encadrant, comme l’atteste l’ouvrage de Pierre Viéroudy « Ces Ovni qui annoncent le surhomme ». Ils n’avaient toutefois pas encore pu faire le lien avec le monde de l’Esprit et l’odyssée de l’âme que la thématique des expériences de mort imminente nous révèle, que Raymond Moody a su analyser et que Kenneth Ring, au début des années 1990, a su relier à la problématique des OVNIS.
J’estime toutefois, en ce qui me concerne, que malgré ces avancées, il faudra encore beaucoup de temps avant qu’une nouvelle manière de « faire de l’ufologie » puisse s’opérer, quand les chercheurs auront enfin compris que pour étudier la nature et le sens du phénomène OVNI, il faut dépasser la barrière que nous mettons, dans l’expérience courante, entre la matière et l’esprit. Engoncée dans sa naïveté exobiologique et obnubilée par son mirage techno-matérialiste, l’ufologie actuelle reste et restera encore longtemps un « miroir aux alouettes » offerte à tous ceux qui ne croient qu’à ce qu’ils voient et qui ne peuvent admettre l’existence de ce qu’ils ne voient pas.

  1. Une anthropologie qui retrouve la tripartition des traditions anciennes :

Ma recherche s’articule autour d’une « anthropologie ternaire », c’est-à-dire d’une théorie sur l’homme qui nous révèle nos multiples dimensions et le lien de l’ego avec le Soi et avec l’âme-collective, l’âme-groupe, à laquelle je n’aurais moi-même jamais pensé si je n’avais pas écouté le témoignage des experiencers de NDE. Selon cette anthropologie, notre essence n’est pas toute entière réduite au moi individuel, loin de là. Nous sommes imbriqués dans des dimensions qui échappent au moi ordinaire.  Le Soi désigne, dans le prolongement des travaux de Carl Jung, notre entièreté psychique, dont une part nous est voilée car elle fait interface entre le moi psychologique (qui n’en est que la part incarnée dans l’espace et dans le temps) et l’âme collective où n’existe plus aucune séparation des ego.

Nous serions ainsi non pas « un » mais pluriels, multidimensionnels, même si le moi conscient ne perçoit que deux seules de ces dimensions, celles qui s’inscrivent dans l’espace et le temps, à savoir le moi corporel et e moi psychologique. Le moi psychologique ne perçoit pas les étages supérieurs de l’être total auquel il appartient. Cette absence de perception fait qu’il les désigne par des expressions négatives : inconscient individuel, inconscient collectif. Si l’on reconstitue maintenant l’ensemble des emboitements auxquels le moi conscient se rattache, en bas comme en haut, nous avons la représentation suivante :

Âme collective  (Esprit)

Moi animique (Soi)

Moi psychologique (Moi)

Moi corporel (corps et fonctions cérébrales)

Les identités multiples du sujet

Les deux premiers niveaux sont « immanents » c’est-à-dire qu’ils se déploient dans l’espace et le temps et appartiennent au monde de la manifestation. Espace et temps constituent leur « lieu propre », mais, nous allons le voir, une instance supérieure (le Soi ») peut faire changer de « lieu  d’expérience et de conscience » l’ego et ce phénomène extraordinaire, obtenu sous état hypnotique, peut être appelé « délocalisation du moi ». Les deux niveaux suivants sont «transcendants» et, ils représentent pour le moi le « monde de l’invisible », le monde des réalités invisibles auxquelles il ne peut accéder par ses seuls sens corporels.

Précisons que l’expression « moi corporel » n’est en rien une analogie ou une métaphore. Il y a bien une « pensée du corps », c’est-à-dire une conduite propre du corps, indépendante de celle du moi psychologique. Il s’agit là (pour le moi psychologique) d’un autre inconscient que celui que représente le domaine de l’âme que l’on pourrait appeler « non-conscient » pour le distinguer du premier, comme l’a fait la psychanalyse.

Cette « pensée du corps » est paradoxale car elle n’utilise pas de langage, pas de représentations, et elle se décrit en termes purement matériels. La neurologie en a bien décrit les modalités de fonctionnement quand elle nous parle des « décisions du cerveau » qui, dans l’interprétation de certaines illusions d’optiques vont tromper le moi. Ici le cerveau  se comporte comme un agent autonome, distinct de la volonté consciente de l’ego, comme par exemple lorsqu’il se met à stocker de son propre chef des calories après un régime sévère que lui a fait subir le moi. De même, le cerveau interprète ou ajoute parfois de l’information à des séquences signifiantes manquantes (par exemple des chaines de caractères lacunaires dans un message écrit).

Cette « pensée du corps » est ce qui nous rattache le plus directement au comportement purement instinctuel de certains animaux, dont la conduite ne passe pas par la représentation d’objets, espèces chez qui on ne trouve pas de « moi psychologique », lequel suppose le passage par le stade du miroir (conscience réflexive).  L’étude de la « pensée du corps » a été massivement investie par la neurologie pour décrire les phénomènes de la pensée mais cette étude a induit celle-ci en erreur, car la neurologie a cru, à partir d’elle, pouvoir réduire le phénomène de la conscience à ses bases matérielles.  On connait la célèbre analogie : pour l’approche spiritualiste, la conscience est indépendante du cerveau, de la même manière que le signal est indépendant du poste de radio ou de télévision qui le capte. Le cerveau n’est qu’un « capteur », une « interface » pour la conscience, comme l’exprime fort bien le neurologue hollandais Pim van Lommel dans le cadre de ses analyses sur les NDE, et les capacités d’initiative ou d’interprétation de celui-ci ne doivent pas nous faire tomber dans une approche réductionniste de celle-là. Or c’est là l’erreur majeure que font les neurosciences actuellement.

  1. Les trois étages de la problématique OVNI

L’anthropologie ternaire qui vient d’être décrite permet de poser trois étages ou trois axes d’analyse de la problématique OVNI :

  • le niveau physique celui de la manifestation et de l’illusion.
  • le niveau psychologique (celui des archétypes psycho-culturels, la panoplie des masques dont se sert le Soi). Il s’agit là d’un véritable « monde intermédiaire ».
  • le niveau spirituel qui renvoie au Soi, à l’âme collective et, à ce qui constitue dans le cadre idéaliste adopté, la seule et unique réalité : l’Esprit. Dans ce cadre, tout ce qui nous apparait comme matérialité n’est que de l’information pour une conscience issue des intentions de l’âme collective. Ce que nous appelons matière est un « monde phénoménal » et se résout en définitive en paramètres mathématiques exactement comme les données sensorielles qui apparaissent sur un écran d’ordinateur. C’est l’Esprit qui produit la matière et non l’inverse comme le croit le matérialisme naïf.

La science contemporaine qui s’appuie sur un paradigme matérialiste n’a donc pas droit de cité dans cette problématique, que cela plaise ou non. Celle-ci requiert la référence à un savoir ancien, celui des traditions antiques qui n’avaient pas coupé le lien entre physique et métaphysique. Certains courants actuels (comme celui de l’holographie quantique du physicien Almaceda par exemple) qui interprètent l’univers visible comme un gigantesque hologramme, retrouvent d’une certaine manière le lien entre le visible (la matière perçue) et l’invisible (l’information, l’intelligible). Mais comme ils ne rattachent pas cet univers-hologramme à la spontanéité créatrice de la Conscience, leur position reste celle du matérialisme, un matérialisme un peu plus sophistiqué où l’information joue, dans leur théorisation, le même rôle que celui joué par la matière comme donnée objective, dans la physique matérialiste actuelle.

Théorie de l’univers-hologramme

Théorie de l’univers-hologramme

  1. Le Diable et l’extraterrestre

La suite de mes recherches a vu l’émergence d’une figure majeure dans la problématique OVNI prise dans sa globalité: celle…du Diable ! C’est vers l’élucidation de cette figure qu’il faut désormais aller et c’est là où les choses se compliquent vraiment. D’abord quel statut donner au démon ici ? Est-il la représentation objectivée de nos propres noirceurs ? Est-il une réalité ontologique et faut-il croire le récit biblique à son sujet ? Je ne sais pas.  Ce qui me parait patent c’est que si le masque apparent du phénomène OVNI est celui de l’extra-terrestre dans son vaisseau spatial, la LOGIQUE GENERALE de “comportement” de toute la problématique OVNI est celle du Diable: élusivité, tromperie, indifférence aux témoins, moquerie, prise de possession de leur esprit, phénomènes d’hypnose et de leurres, sortilèges etc. Même les lieux où se produisent le plus souvent ces possessions correspondent à ce que nous dit la littérature démonologique sur le Diable : des lieux déserts, des campagnes, la nuit. C’est proprement stupéfiant.

Le thème de la « possession » est ici central car il permet de décrire les deux modes d’insertion des OVNIS et entités apparentées dans le champ de conscience des témoins :

 1) c’est le cas pour les RR3 avec effet OZ (arrêt apparent du temps, environnement déserté ou étrange, absence de bruit et de mouvement). Là, le témoin est tout entier placé sous hypnose, son moi est “délocalisé”, et il est placé au niveau de la perception du Soi, où n’existe pas le temps tel que nous le connaissons. En fait, pour être plus précis, le sujet est tout entier placé dans l’imaginaire du Soi, qui produit ce qu’il veut, allant même jusqu’à reproduire en pensée un lieu habituellement connu du témoin, mais totalement figé. L’étrangeté ressentie vient du fait que le lieu est recréé par le Soi même s’il est apparait comme totalement matériel aux yeux du sujet leurré. Cela est dû au fait qu’au niveau de conscience du Soi, la distinction matière/esprit ne tient plus, n’a plus aucun sens: ce qui est pensé, imaginé se matérialise instantanément. Le soi est alors dans son « élément », dans son jardin, pour faire voir au sujet tout ce qu’il veut bien lui montrer, avec une surenchère parfois de scènes plus extraordinaires les unes que les autres.

Cette explication peut facilement s’illustrer et se démontrer tant les témoignages sont nombreux et bien renseignés sur ce type d’illusions matérialisées. Mais alors, quel lien faire ici avec la figure du Diable ? Quel lien entre le Soi et la figure du démon sinon de dire qu’ici c’est le Soi qui joue au Diable ? Mais pourquoi ?

2) L’autre mode d’insertion des ovnis dans notre espace perceptif est plus compliqué: je parle ici d’observations sans “effet Oz”, sans arrêt du temps. Ici, ce n’est plus le Soi qui tire dans son imaginaire le moi (en le délocalisant) mais plutôt le Soi qui descend au niveau de conscience du moi. Ce processus passe aussi par une possession, le témoin est mis sous état modifié de conscience (sous hypnose) et c’est là où l’on peut constater des matérialisations et des effets sur l’environnement physique. Au stade de mes recherches, il semblerait que le Soi utilise ici le mode de production habituel du monde phénoménal par l’Esprit. Je veux dire par là qu’ici serait confirmée l’idée que notre univers perçu est un vaste hologramme produit par les intentions de l’âme (ou de l’âme collective), comme indiqué précédemment. La perception ne serait vue que par le ou les témoins et elle apparaitrait pour eux comme une “réalité augmentée”. C’est aussi ce qui se passerait pour les apparitions mariales, qui offrent des perceptions toujours très sélectives. Mais toute matérialisation serait fugitive et malaisée, pour une raison que j’ignore.

  1. Anabase et catabase

Toute la problématique OVNI serait ainsi, quant à son mode d’insertion, une question de « montée » et de « descente » entre moi et Soi. Une autre métaphore peut être utilisée (que j’emprunte au Père brune) : le passage de l’expérience du moi au niveau de conscience du Soi pourrait se comparer au changement de fréquence d’un poste de radio, comme lorsque l’on passe d’une fréquence à l’autre.

Dans les deux cas (montée et descente) les OVNIs ne seraient pas des objets matériels (statiques, figés) mais des processus dynamiques de matérialisation, ce qui est différent. L’idée, proposée par le groupe des para-ufologues que j’ai mentionné en préambule, est très pertinente et correspond assez bien aux témoignages. C’est moins une substance figée qu’un processus fugitif de « matérialisation » transitoire, dynamique et éphémère ou intermittent que les témoins décrivent. Ce serait là la preuve de la difficulté pour l’Esprit de se matérialiser via le canal du Soi, mais cette extrême plasticité des formes démontreraient aussi en creux qu’ils sont tous entiers tributaires de la puissance de l’esprit.

Mes recherches m’ont ensuite appris que ce double mouvement de montée et de descente entre le moi et l’âme avait été nommé et théorisé par des traditions anciennes (orphisme, gnosticisme et il existe des concepts équivalents dans le chamanisme) : anabase et catabase.

-1) la montée du moi vers l’imaginaire du Soi (délocalisation), donnant lieu à des observations d’OVNI et d’entités avec arrêt du temps et espace figé (effet Oz) correspondrait à ce que les mystiques antiques nommaient ANABASE.

-2)  la descente du Soi dans l’espace de perception du moi se nommait chez eux CATABASE. Ici, les OVNIS se matérialisent fugitivement sous l’effet d’un processus d’idéation issu du Soi ou de l’âme collective.

Le couple de concepts anabase/catabase se révèle ainsi très intéressant pour penser ce double mouvement montée/descente. Dans les deux cas, il s’agit de cas de POSSESSION intérieure où l’observateur est soumis à un état modifié de conscience (hypnose ou transe).

  1. Conclusion : mes dernières voies d’analyse

Mes dernières recherches m’amènent aujourd’hui à investir les pistes suivantes:

1) Le domaine du chamanisme.

C’est un des “lieux de vérité” de toute la problématique qui nous intéresse, dans un contexte laïc (je veux dire: hors de la symbolique judéo-chrétienne). Je souscris totalement à l’idée qui m’a été soumise selon laquelle avec lui (le chamanisme) nous sommes “aux racines de l’humain”. Toutefois, même si le chamanisme est une voie royale d’exploration (les chamanes sont les “techniciens” de la conscience et de ses états modifiés), la grille de lecture pour mes recherches reste celle de l’archétypie judéo-chrétienne tout simplement parce que le phénomène OVNI se donne à lire à travers sa symbolique: le comportement global du phénomène (possession, élusivité etc.) correspond à l’imagerie du démon et il y a un lien étroit (comme l’envers/l’endroit) entre manifestation ovnienne et apparitions mariales.

2) La référence à l’Esprit

Tout ce que j’ai interprété jusqu’à présent, dans le phénomène OVNI, comme manifestations d’entités spirituelles plurielles, (les âmes, les Soi), pourrait n’être en définitive que la manifestation d’un agent UNIQUE. C’est la grille de lecture qui avait été adoptée par John Mack dans son ouvrage « Passeport pour le Cosmos ». Une entité spirituelle unique qui, à travers les scènes oniriques dans lesquelles elle nous embarque (par montée et descente, anabase et catabase), nous enverrait des scénarios, un véritable cinéma paranormal comme dit JM Lesage. Cela voudrait dire que lorsqu’un témoin voit par exemple 5 entités sortir d’une soucoupe lors d’une RR3, cela ne signifie pas forcément qu’il y ait 5 agents qui se manifestent. L’agent est sans doute unique, comme l’auteur unique d’un rêve dans lequel le moi est entrainé à son insu. Le Soi, ne serait qu’une interface, un intermédiaire avec le monde invisible car il est trop lié, trop « articulé » avec la matière par sa solidarité avec le moi psychologique.

Le niveau supérieur c’est celui de l’Esprit, c’est-à-dire un agent unique. Et le meilleur candidat pour être cet agent unique, c’est l’âme collective, l’âme-groupe, ce que les Néoplatoniciens appelaient “l’âme du monde”, cet océan spirituel au-delà de l’égo où l’âme des experiencers de NDE se verse au moment de sa décorporation.

Attribuer l’ensemble de la problématique OVNI à un agent unique (lors même que les manifestations nous présentent une pluralité d’entités et “d’engins spatiaux”) permettrait de résoudre ainsi bien des contradictions apparentes. C’est aussi une solution très “jungienne”.

3) La relation Matière et Esprit:

Le nœud de crispation de toute la problématique OVNI concerne le rapport entre matière et esprit. La matérialisme est une impasse et le socio-psychologisme aussi. Je pense que quand l’esprit se matérialise, ces matérialisations fugitives font partie du camouflage, de la désinformation, de la parodie. La source veut nous faire croire au “tout technologique” afin de nous empêcher de remonter à l’Esprit. Il y a bien matérialisation (fugitive et instable) mais celle-ci a pour but de « brouiller les pistes ». Quand l’Esprit matérialise des contenus, c’est là son plus puissant moyen de nous leurrer.

4) L’imaginaire de l’Esprit.

J’ai revu récemment le film “Inception” dont le scénario présente d’intéressantes similitudes avec le problème qui nous occupe. Dans ce film, des individus sont entrainés dans le rêve de l’un ou l’autre des protagonistes de l’histoire et y rencontrent ses propres projections inconscientes. Il y a de cela dans la problématique OVNI, à ceci près que, dans celle-ci, le sujet ne sait pas que se sont ses projections qui se matérialisent sous la puissance créatrice de l’âme ou de l’âme collective. Mais le plus intéressant est ici : au milieu du film, un des personnages (joué par L. Di Caprio) raconte que dans ces rêves on peut rencontrer des scènes qui présentent des “figures géométriques impossibles”. Il cite l’exemple de l’escalier de Penrose (on peut penser aux œuvres d’Escher qui l’ont illustré).

Escalier de Penrose

Escalier de Penrose

Or il se trouve qu’il y a des cas bien référencés et magistralement étudiés par Josiane et Jean d’Aigure (par exemple dans « La revue des soucoupes volantes n°5, septembre 1978)  où des témoins de RR3 ont vu des “figures géométriques impossibles”.  Géométrie impossible de l’engin décrit dans le cas d’A. Silva, géométrie impossible de l’engin décrit par AV Boas etc., où ce qui est décrit se présente comme de véritables cas de « quadratures du cercle ».

Ces perceptions de « géométrie impossible » sont à mon sens l’équivalent des comportements physiques impossibles des OVNIS si souvent constatés. Ces doubles impossibilités (figures géométriques, comportements physiques) seraient la preuve (une de plus) que, dans ces observations, nous sommes dans l’IMAGINAIRE du Soi. Dans cet imaginaire, dans cet “espace imaginaire”, tout peut se voir, tout peut arriver et se produire, car l’esprit peut tout, y compris matérialiser brièvement ses créations. Autrement dit, lors de ces expériences, la barrière qui sépare, dans notre monde phénoménal, le possible et l’impossible, ce qui est possible et ce qui ne l’est pas, tombe et n’a plus aucun sens. C’est l’imagination (celle de l’Esprit) qui devient maitresse des manifestations perçues par le moi. “Imagination” se dit en grec “fantasia”, et le sujet-témoin est, à son insu, tributaire des “fantaisies” du Soi ou de l’âme collective.

Philippe Solal, pour le Geepi.


A propos de l’auteur de l’article :

Philippe Solal est professeur agrégé de Philosophie, docteur en Philosophie et épistémologue. En 2008, il participe aux travaux du Haut Conseil de la science et de la technologie (HCST). Il a enseigné la philosophie à l’Institut National des Sciences Appliquées (INSA) à Toulouse jusqu’en 2014 avant de l’enseigner, aujourd’hui, en lycée à Bergerac.

Ses domaines d’enseignement sont expression-communication; psychologie sociale et Philosophie des sciences ses recherches actuelles sont : Préparation à l’Habilitation à diriger des recherches (HDR), en épistémologie et Philosophie des sciences. Domaine concerné : l’écriture des rationalités, l’évolution des formalismes et des procédures de codification du savoir scientifique.

Il est l’auteur de nombreux ouvrages. Il est notamment l’un des co-auteurs du livre « Ovni et conscience« .


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