La Mandragore Alchimique, par Marc Neu

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lundi, 19 décembre 2016 | Par | Catégorie: Liste des derniers articles, Paranormal

1. Premières expériences

image001Mon aventure avec la mandragore alchimique débuta en 2001. J’achetais de la mandragore sèche pour un prix dérisoire dans une boutique ésotérique quelconque. J’appliquais la « recette » des élixirs végétaux et j’obtins un élixir trouble, plus brun que rouge. La mesure de son taux vibratoire n’était pas à la hauteur de ce que j’espérais.

J’en parlais à un ami bricolant aussi en alchimie. Sa réponse, dans un sourire, « comment être sûr que c’était bien de la mandragore ?». Plus tard j’appris que la majorité des sachets de mandragores vendus par les grossistes sont en fait de la chicorée sauvage de chez nos amis chinois… de quoi en rire jaune.

Pour être sûr d’avoir de la véritable mandragore, il n’y a qu’une solution, l’avoir fraîche ou sèche mais entière. Je me lançais donc dans la culture de mandragore… plante capricieuse, difficile et exigeante comme une diva !
Après deux tentatives ratées de culture en intérieur, je baissais les bras et, la mort dans l’âme, abandonnais l’idée de travailler la mandragore.

En 2008, je propose à mon ami de lui racheter sa culture de mandragores car il ne les utilisera plus. Il est passé au travail sur le minéral. Pour les curieux, la vente s’est conclue à 1500€ pour 10 beau plants…une somme certaine mais pour le fruit de huit années de culture c’est un juste prix. Me voilà donc avec dix magnifiques racines de mandragore fraîches.

De suite, j’enchaînais avec un nouvel élixir. Le combat fut rude et acharné car la mandragore ne se laisse pas faire aussi facilement. Les légendes folkloriques qui entourent l’histoire des mandragores ont un fond de vérité.

L’élixir obtenu à l’époque était de meilleure qualité que le cru de 2001 mais restait décevant malgré tout. L’utilisation en magie, bien qu’efficace, ne donnait pas plus de résultats qu’un bon élixir d’une autre plante plus commune. Je laissais donc tomber ce projet à nouveau et mis le reste des racines à sécher.

2. Retour au laboratoire

Huit ans plus tard, je ressenti l’appel de la mandragore. Mes techniques se sont grandement améliorées, le laboratoire est bien mieux équipé mais surtout, intérieurement j’ai fais beaucoup de chemin (merci à mes proches de m’avoir permis d’avancer en gardant les pieds sur terre et la tête dans les étoiles !). Donc pourquoi ne pas refaire un dernier essai avec mes dernières racines.

Une fois le bon solvant trouvé, la matière s’est enfin ouverte.

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Les trois principes de la mandragore, Mercure, Soufre et Sel, sont réunies et la solution est mise en coction douce avec température contrôlée dans un dispositif de ma création. La coction va durer le temps nécessaire pour permettre à l’élixir de mâturer.

D’abord d’aspect trouble, il se clarifiera par la suite.

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L’alchimiste accompagne intérieurement toutes ces transformations, sinon ce ne serait que de la chimie… Jusqu’à présent le travail à été très décapant intérieurement, faisant remonter beaucoup de scories à la surface. Jamais je n’avais fait un travail aussi profond et transformateur depuis que je pratique l’alchimie.

Un changement majeur se fait durant la nuit du 21 mai. L’élixir est soumis à un traitement particulier. Le rêve de cette nuit m’enseigne clairement la suite du travail. Au réveil, l’élixir est devenu clair sans sortir de son enclave.

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Quelques jours et manipulations plus tard, l’élixir vire au rouge rubicond. Il est prêt. La mandragore est ressuscitée sublimée et ses propriétés décuplées.

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Encore trop fort en terme de dégré d’alcool, l’élixir doit être dilué avec de l’eau pour être utilisable. Mais quelle eau choisir ? La mandragore ne mérite pas une eau banale.

Après un long temps de réflexion et quelques expérimentations, je trouve l’eau qui conviendra à cet élixir. Un long travail sur cette eau est effectué au rythme de la nature. Une fois prête, elle est mélangée à l’élixir rubicond et le tout est mis au repos à température contrôlée pour que la conjonction des deux éléments s’opère intimement.

Une fois cette étape franchie, il ne reste qu’à embouteiller et en transformer en encre.

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II. Utiliser la mandragore en magie
 
1. Un peu d’histoire

image019Aucune plante n’a fait couler autant d’encre que la mandragore. Depuis Theophraste ( -371 à -288 avant J.-C.) celle-ci est successivement une plante exceptionnelle ou l’incarnation d’une énergie maléfique. Tantôt utilisée pour ses vertus sédatives et hallucinogènes, tantôt pour son action exceptionnelle en magie.

Elle véhicule avec elle plus de deux millénaires d’histoires, de contes et de légendes qui sont des plus abracadabrantes. De la cueillette à l’utilisation, sa popularité en a également fait une cible pour les escrocs qui en vendait sous toutes les formes. Comme elle était censée représenter la forme d’un corps humain, les petits malins taillaient d’autres racines pour les faire ressembler à de la mandragore. L’escroquerie et la vilenie allait jusqu’à vendre des fœtus desséchés comme étant de magnifiques et exceptionnelles mandragores. D’où l’intérêt de les cultiver soi-même !

En magie elles étaient surtout utilisées entière. Une fois arrachée selon un rite précis (triple cercle, prière, souvent le chien tire à la place du courageux maître…), l’arracheur ayant survécu (une belle histoire à raconter aux enfants pour qu’ils se tiennent tranquilles !), elle doit être nettoyée et séchée avec soin.

Dans la maison où séjourne la mandragore, celle-ci doit être traitée comme un petit enfant gâté. Elle doit être habillée, couché dans un lit, mise à table et nourrie. Sans cela elle déchaînera son courroux sur son maître. Si celui-ci la traite bien, elle lui apportera richesse, chance, amour et toutes les choses que le maître lui demandera (poliment pour ne pas vexer Madame mandragore).

Bien, mettons un peu de sérieux là-dedans.

2. La vision du monde

image020Examinons comment les Anciens regardaient l’univers depuis sa formation. Leur cartographie ne correspond pas aux idées scientifiques modernes, mais elle est probablement le résultat de leur propre expérience de plans supérieurs. Et ce qui est vrai sur un plan, ne l’est plus une fois ramené sur notre plan de conscience. Selon l’auteur anonyme de « The Canon », le cosmos des chrétiens, selon les auteurs plus récents mais sans doute dérivés de la tradition de l’ancienne église, est composé de trois divisions principales : d’abord, il y avait les trois cercles de l’empyrée, puis la sphère des étoiles fixes avec les sept planètes, et enfin le sublunaire ou monde élémentaire.

Le schéma suivant et la description permettent d’éclaircir la question. Au centre de leur conception est la Terre, ou royaume élémentaire, autour de laquelle tourne la Lune. En dehors de cela se trouve une série de sphères concentriques avec les influences planétaires.

D’abord Mercure, puis Vénus, le Soleil, Mars, Jupiter et Saturne au-delà duquel se trouve la grande sphère, celle du zodiaque ou des étoiles fixes. Au-delà de ces sphères se trouve ce qu’ils conçoivent comme la sphère cristalline, comme si c’était le miroir magique du paradis de ce qui était le premier monde ou un mouvement tourbillonnaire et enfin la grande inconnue, l’empyrée.

Chaque auteur influent dans le milieu ésotérique à réalisé (et transmis) une classification analogique des plantes avec cette vision du monde. Bien souvent les avis divergent mais on retrouve un schéma commun permettant de comprendre le raisonnement de la classification. Concernant la mandragore, personne ne semble d’accord. Parfois lunaire pour l’un elle devient mercurielle pour l’autre voir Saturnienne.

Mon expérience personnelle avec cette plante que j’affectionne particulièrement a commencé en 2001. Je ne suis pas un théoricien mais un praticien. Je n’enseigne que ce que je pratique. Le travail alchimique avec la mandragore m’a appris beaucoup de choses en magie. Parmi ces quelques notions, j’ai intimement acquis la conviction que la mandragore est une plante du monde sublunaire, c’est-à-dire liée fortement au monde des éléments plus que d’un plan planétaire. Son action s’exerce donc surtout sur le monde matériel.
Son appartenance intime au monde élémentaire la rend particulière, voir peut-être même unique. Elle ne sera donc que rarement utilisée seule.

3. Quelques utilisations de l’élixir de mandragore

L’éveil des plantes

En magie, l’utilisation d’une plante se fait par sa cueillette en usant du rituel approprié. Si ce rituel ne peut être effectué (hors saison, habitation urbaine…) il est possible d’utiliser des plantes sèches. Mais les plantes sèches n’ont plus de vie en eux si elles n’ont pas été cueillies selon le rite adéquat.

Dans ce cas, les plantes doivent être « réveillées ». Pour cela de nombreuses méthodes existent. Elles sont généralement fastidieuses et contraignantes. L’une d’elle est de tremper la plante dans quelques gouttes d’un élixir de la même plante. Cela implique d’avoir une belle collection d’élixirs…

L’avantage de la mandragore c’est qu’elle permet de réveiller une plante très rapidement et peu importe son analogie. Pour cela, préparer une eau la plus pure possible, et rajouter une ou deux gouttes d’élixir de mandragore pour 250ml d’eau. Laissez macérer durant une nuit et au matin, filtrez et versez l’eau dans la nature (même un arbre planté sur un trottoir). Utilisez la plante comme préconisée dans le rituel auquel vous la destinez.

Les potions à usages non alimentaires (à verser ou asperger)

Une fois la potion prête à l’emploi, verser quelques gouttes de mandragore et mélanger. Laissez agir quelques heures sans y toucher puis utilisez la potion à verser, asperger, dessiner des symboles etc. mais ne pas ingérer ni appliquer directement sur la peau.

L’encens

Pratiquement toutes les opérations magiques nécessitent de l’encens. Afin d’accroître considérablement son effet, rajoutez une goutte, pas plus, dans 30g de mélange sec d’encens, mélanger intimement et laissez sécher avant d’utiliser.

La chasse aux démons

Les démons exècrent la mandragore. Si vous soupçonnez leur présence, diluez un peu de mandragore alchimique dans de l’eau bénite et aspergez généreusement le local avec la préparation.

Les huiles d’onction

Dans de nombreux rituels ou enchantement, l’huile d’onction est utilisée pour tracer un symbole sur le front. Son effet magique peut-être décuplé par la mandragore. Pour cela, ajoutez deux gouttes d’élixir, pas plus, pour 250ml d’huile. Bien agiter avant utilisation pour créer l’émulsion et ne pas utiliser sur une grande partie du corps.

Les Mojo-spellwork (sachets magiques)

Les sachets magiques sont des sachets renfermant des éléments en analogie avec le but à atteindre. Ces éléments sont généralement vitalisés par la volonté du mage avant de fermer le sachet. L’ajout de quelques gouttes de mandragore juste avant la charge décuplera l’effet de celle-ci.

Magie d’empathie

La magie d’empathie utilise le plus souvent des poupées de tissus remplies de plantes correspondant à l’usage visé. Les plantes seront au préalable « réveillées » par la mandragore pour augmenter l’effet de la magie empathique.

Ensuite, un bain rapide de la poupée dans une eau consacrée additionnée de quelques gouttes de mandragore fera l’effet d’un baptême et renforcera considérablement le lien entre la poupée et le destinataire.

Condensateur fluidique

La mandragore est l’un des meilleurs condensateurs fluidiques en plus d’être un amplificateur exceptionnel. Quelques gouttes ajoutées à votre condensateur habituel en décupleront les effets. Appliquée pure sur un parchemin, elle en fera un talisman capable d’emmagasiner une quantité phénoménale d’énergie.

Quelques utilisations de l’encre de mandragore

Talismans

Utilisée pour tracer les talismans, l’encre de mandragore augmentera ses effets de manière exponentielle. Elle est universelle et peut donc servira à tracer toute sorte de talismans, quel que soit son usage ou son analogie.

Grimoires

Les grimoires personnels sont généralement écrits à la main. En utilisant l’encre de mandragore, ce grimoire se chargera de la volonté du mage qui écrit. Le grimoire sera plus qu’un journal, il deviendra un authentique outil rituel vecteur de la volonté du mage.

Porteurs de vœux

Les billets porteurs de vœux sont des talismans éphémères. Sur un parchemin (idéalement enduit d’élixir de mandragore), le mage écrit son vœu avec l’encre de mandragore pour attirer ou repousser quelque chose.

Puis il brûle ce dernier durant un rituel pour envoyer ce vœu dans l’astral.

Une autre possibilité est d’accrocher ce talisman à la branche d’un arbre balayé par le vent pour que celui-ci transmette le vœu.

Laissez faire votre imagination

L’utilisation de la mandragore en élixir ou en encre n’est limitée que par les limites de votre imagination. Il est possible de trouver plusieurs centaines de techniques magiques (plus ou moins sérieuses) selon les croyances de chacun. La mandragore peut être intégrée dans chacune d’elle sous une forme ou une autre, à vous de chercher et de trouver comment… Mais dans tous les cas, l’effet de la magie employée sera décuplé.

Reproduction de l’article : https://cielether.com/blog/mandragore-alchimique-n12
Avec l’autorisation de son auteur, Marc Neu.


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